Ambulancier bénévole, rabbin et père de famille, Uriel David Shlomi a vécu, à quelques jours de Chavouot, un accouchement inattendu à domicile une expérience profondément personnelle qui incarne les valeurs essentielles de la fête : transmission, responsabilité et valeur de la vie.
En tant que volontaire du MDA, ambulancier senior, conducteur d’ambulance, rabbin et père de famille, Uriel David Shlomi a passé des années à naviguer entre urgences médicales, leadership communautaire et engagement au service des autres. Mais le 19 mai, à quelques jours de Chavouot, son moment le plus marquant s’est déroulé chez lui.
Alors que les familles à travers Israël commençaient les préparatifs de Chavouot une fête centrée sur la transmission, le sens et les valeurs transmises de génération en génération Uriel a vécu une expérience qui a donné vie à ces idées de la manière la plus personnelle qui soit.
Pour Uriel, la vie ne se résume jamais à un seul rôle. Il est volontaire au MDA, ambulancier senior, conducteur d’ambulance et premier intervenant. Il est également rabbin et leader communautaire. Récemment, en parallèle de son activité d’urgence et de sa vie familiale, il a contribué à accueillir des centaines de nouveaux immigrants, aidant des familles à trouver un lien, un sentiment d’appartenance et un foyer.
Ces derniers mois, il a constamment évolué entre plusieurs mondes : interventions d’urgence et service de réserve, leadership communautaire et vie familiale, moments d’incertitude et instants de joie.
Mais récemment, l’appel le plus important n’est pas venu de sa radio d’ambulance, mais d’un simple appel téléphonique de chez lui.
La soirée avait pourtant commencé calmement. Vers 18h45, son épouse a ressenti de légères contractions. Rien d’alarmant au départ. Uriel s’était rendu à la synagogue pour diriger la prière du soir, tandis que la vie suivait son cours à la maison. Puis tout s’est accéléré.
Vers 20h00, le travail a progressé de manière fulgurante. Son épouse s’est rendue dans la salle de bain et a immédiatement compris qu’il n’y aurait pas le temps d’arriver à l’hôpital. Leur fille aînée a aussitôt appelé son père.
Au même moment, à la synagogue, Uriel venait de commencer la prière silencieuse de l’Amida lorsque son téléphone a sonné. « À cet instant précis, alors que j’ouvrais mon cœur dans la prière, l’accouchement a commencé. »
Uriel s’est immédiatement précipité chez lui, muni d’un sac d’ambulance et d’un kit d’accouchement du MDA. À son arrivée, il a instantanément endossé plusieurs rôles : mari, père et secouriste.
Son épouse, mère expérimentée et familière du monde des urgences grâce aux années passées aux côtés de son mari volontaire au MDA, est restée remarquablement calme. Elle a ensuite raconté que le bébé était brièvement sorti avec le cordon ombilical enroulé autour du cou. Sachant quoi faire, elle l’a rapidement dégagé, et quelques instants plus tard, leur fille s’est mise à pleurer.
Uriel est alors passé sans hésitation d’une responsabilité à l’autre : évaluer l’état de la mère et du bébé, envelopper le nouveau-né, clamper et couper le cordon ombilical, coordonner avec le centre national d’appels d’urgence du MDA, et continuer à surveiller ses patientes. Puis, après avoir confirmé leur stabilité, il a fait ce qu’il avait fait tant de fois pour d’autres : monter dans une ambulance. Cette fois, cependant, les patientes étaient sa propre épouse et sa fille, qu’il a lui-même transportées vers le centre médical HaEmek à Afula.

Pour Uriel, cette histoire dépasse largement le simple accouchement inattendu. Au fil des années d’interventions d’urgence, de service de réserve et d’engagement communautaire, il a été témoin de moments de grande douleur et d’immense espoir. Il a vu la perte et la résilience, l’incertitude et la joie.
À l’approche de Chavouot, il réfléchit au sens profond de cette fête. « Chavouot nous rappelle que nous avons reçu bien plus que des traditions », explique-t-il. « Nous avons reçu une direction. Nous ne sommes pas venus au monde simplement pour vivre. Nous sommes venus avec une mission. »
Pour lui, Chavouot ne consiste pas seulement à se souvenir de ce qui a été donné au mont Sinaï il y a des générations. Il s’agit de faire vivre ces valeurs à travers le service, la responsabilité et l’attention portée aux autres. La vie, selon lui, ne se mesure pas seulement aux urgences que l’on traverse, mais à ce que l’on choisit de construire ensuite : des familles, des communautés et un avenir.
Les valeurs qui guident Uriel reposent sur un principe fondamental du judaïsme : « Kol Yisrael arevim zeh la'zeh » tous les Juifs sont responsables les uns des autres. Qu’il intervienne en urgence, qu’il serve sa communauté ou qu’il aide de nouvelles familles à s’installer en Israël, il considère chaque rôle comme partie d’une même mission.
Récemment, Uriel et sa communauté ont également contribué à accueillir des centaines de nouveaux immigrants, venus chercher un lien, une stabilité et un nouveau foyer dans un contexte d’incertitude pour les communautés juives à travers le monde. Pour lui, les accompagner est une autre expression des mêmes valeurs qui guident son engagement au MDA : prendre soin des autres, bâtir une communauté et offrir sécurité et appartenance. « Nous ne vivons pas seulement pour nous-mêmes », dit-il. « Notre mission est d’encourager la vie. »
À quelques jours d’une fête centrée sur la réception d’un héritage essentiel, Uriel et sa famille ont eux-mêmes reçu un cadeau profondément personnel : une nouvelle fille, et un nouveau départ.
Pour un homme qui consacre ses journées aux urgences, à sa communauté, à l’accueil de nouvelles familles et à la préparation de son service de réserve, cette naissance est peut-être venue lui rappeler une leçon qu’il transmet depuis des années : la vie ne se mesure pas seulement aux moments que nous vivons, mais aussi aux vies que nous construisons.
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